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Ebola 2014-2016 : ce que l'épidémie a changé en Afrique de l'Ouest

Entre 2014 et 2016, l'Afrique de l'Ouest a connu la plus grande épidémie d'Ebola jamais observée. Voici quelques repères sobres pour comprendre ce qui s'est passé, et pourquoi tant de gens, loin des pays touchés, ont eu envie de faire quelque chose.

Information généraleCes pages s'adressent à des adultes sans problème de santé connu. Elles ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un éducateur sportif, en particulier après une longue pause ou en cas de douleur.

Une maladie connue depuis 1976

Le virus Ebola a été identifié en 1976, lors de deux flambées presque simultanées en Afrique centrale. Il doit son nom à une rivière du nord de l'actuelle République démocratique du Congo. Pendant près de quarante ans, les épidémies sont restées localisées : quelques dizaines ou quelques centaines de cas, dans des zones rurales, avant de s'éteindre.

La maladie se transmet par contact direct avec les liquides biologiques d'une personne malade ou décédée, ou avec des objets qu'ils ont souillés. Ce mode de transmission explique pourquoi les soignants, les proches qui veillent un malade et les personnes qui préparent les corps pour les funérailles ont été parmi les plus exposés. Pour tout ce qui relève du médical, la référence reste l'Organisation mondiale de la santé, dont les pages sont citées en bas de cette page.

2014 : une épidémie d'une ampleur inédite

Les premiers cas de l'épidémie ouest-africaine remontent à la fin de l'année 2013, en Guinée forestière, près des frontières du Liberia et de la Sierra Leone. Le virus n'avait jamais circulé dans la région ; personne ne l'attendait là. Il a fallu plusieurs mois pour l'identifier, et pendant ce temps il avait déjà franchi les frontières.

En 2014, l'épidémie a gagné les capitales : Conakry, Monrovia, Freetown. Dans des villes denses, avec des systèmes de santé déjà fragiles, la propagation a été bien plus rapide que lors des flambées rurales précédentes. En août 2014, l'Organisation mondiale de la santé a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale.

Carte ancienne de la côte de Guinée, de la Sierra Leone au cap des Palmes, dressée par Bellin en 1746
La côte de Guinée sur une carte de 1746 : la Sierra Leone et le Liberia actuels, au cœur de l'épidémie de 2014-2016.

Les chiffres de l'OMS

Selon l'Organisation mondiale de la santé, plus de 28 600 personnes ont été infectées et 11 325 sont décédées. La Guinée, le Liberia et la Sierra Leone ont concentré la quasi-totalité des cas. La maladie a aussi atteint sept autres pays, dont le Nigeria, le Mali et le Sénégal en Afrique, ainsi que l'Espagne, l'Italie, le Royaume-Uni et les États-Unis, avec un nombre limité de cas.

Ces chiffres sont des chiffres officiels, arrêtés à la fin de l'épidémie. Comme toujours dans une crise de cette taille, ils décrivent ce qui a pu être recensé ; derrière eux, il y a aussi des familles, des écoles fermées pendant des mois, des récoltes et des marchés perturbés. La fin de l'épidémie a été déclarée en juin 2016.

RepèreDate
Premiers cas, en Guinée forestièreFin 2013
Identification du virus Ebola en GuinéeMars 2014
Urgence de santé publique de portée internationaleAoût 2014
Fin de l'épidémie déclarée par l'OMSJuin 2016

Ce que la riposte a appris

La fin de l'épidémie n'est pas due à un remède miracle, mais à un travail patient, quartier par quartier. Retrouver et suivre chaque personne ayant été en contact avec un malade. Isoler les malades et les prendre en charge dans des centres dédiés. Organiser des enterrements sans risque, en respectant autant que possible les rites des familles. Installer des points de lavage des mains devant les écoles, les marchés, les administrations.

Mains savonnées sous un robinet
Un geste devenu familier dans toute la région pendant l'épidémie : le lavage des mains à l'entrée des lieux publics.

Une leçon revient dans presque tous les bilans : rien ne fonctionne sans la confiance des habitants. Là où les agents de santé venaient du quartier, parlaient la langue et expliquaient ce qu'ils faisaient, les familles signalaient plus vite les malades et acceptaient mieux les mesures. La recherche a aussi avancé : un essai mené en Guinée en 2015 a ouvert la voie à un vaccin contre l'une des espèces du virus, autorisé en 2019.

Quand le sport s'arrête

L'épidémie a touché tous les aspects de la vie quotidienne, sport compris. Des compétitions ont été reportées ou annulées dans la région, des matchs se sont joués à huis clos, et la Coupe d'Afrique des nations de football 2015 a changé de pays hôte à quelques semaines de son ouverture. Pour les coureurs et les clubs des pays touchés, il a fallu attendre la fin de l'épidémie pour retrouver les rassemblements.

Maisons de Freetown étagées sur une colline au bord de l'eau
Freetown, capitale de la Sierra Leone, l'une des villes les plus touchées en 2014 et 2015.

L'élan des courses solidaires

Loin des pays touchés, beaucoup de gens se sont sentis impuissants face aux images de 2014. L'élan a souvent pris une forme très simple : une course. Des étudiants, des clubs, des entreprises ont organisé un peu partout en Europe des épreuves de quelques kilomètres, le plus souvent au printemps 2015, dont les recettes allaient à des équipes médicales sur le terrain.

Ces courses n'ont pas changé le cours de l'épidémie : ce sont les soignants, les agents de santé et les habitants qui l'ont fait. Elles ont permis autre chose : réunir de l'argent utile, et surtout créer un moment où des centaines de personnes se sentaient concernées. C'est de cette mémoire que vient ce site. Pour comprendre comment fonctionne une telle épreuve et ce que finance réellement un dossard, voyez le principe des courses solidaires et la manière de lire le bilan d'une course. Et si l'envie vous prend d'en monter une à votre tour, la page sur les démarches pour organiser une course détaille les étapes.